Signez la pétition adressée à G. de Lasteyrie (M. le Maire de Palaiseau)
Le 17 juillet 2013 disparaissait le journaliste franco-algérien Henri Alleg, de son vrai nom Harry Salem, reposant au cimetière de Palaiseau.
Il vécut pendant plus de trente ans rue Gabriel Dauphin à Palaiseau jusqu’à sa mort.
Né le 20 juillet 1921 à Londres, de parents juifs russo-polonais, Henri Alleg, britannique par sa naissance, devint français par choix quand sa famille décida de vivre au nord de Paris, puis algérien par adoption après l’indépendance de 1962.
C’est en 1939 au moment où débutait la seconde guerre mondiale, qu’Henri Alleg décida de vivre à Alger. Directeur du journal « Alger républicain », de février 1951 à juillet 1955 jusqu’à l’interdiction du titre auquel collaborèrent Albert Camus et Kateb Yacine, Henri Alleg fut arrêté en 1957 en pleine bataille d’Alger au domicile de Maurice Audin, jeune assistant en mathématiques et militant du Parti Communiste Algérien comme lui, arrêté, torturé et disparu depuis le 21 juin 1957.
Henri Alleg refusera de parler malgré les multiples sévices qu’il eut à subir comme tant d’autres algériens anonymes. Avec son livre « La Question », préfacé par Jean-Paul Sartre et rédigé alors qu’il était encore en détention à Barberousse, la prison civile d’Alger, publié par les éditions de Minuit en 1958, il fut l’un des premiers à dénoncer la torture.
Un film tiré de ce livre et réalisé par Laurent Heynemann sortira en 1977 avec dans les rôles principaux Jacques Denis et Nicole Garcia, et recevra le prix spécial du Jury au Festival International du Film de Saint-Sébastien.
Poursuivant ce combat, Henri Alleg signera, en 2000, l’Appel des douze « pour la reconnaissance par l’Etat français de la torture ».
Cet engagement fondamental d’Henri Alleg contre la torture et pour l’émancipation du genre humain, a été rappelé lors des différents hommages qui lui furent rendus au moment de sa disparition notamment par la Municipalité de Palaiseau.
Lors de ces obsèques au cimetière du Père Lachaise le 29 juillet 2013, en présence de représentants des États français et algériens, le président algérien rappela dans un message lu en son nom que « La Question » est « l’un des textes majeurs qui, par leur retentissement universel et la prise de conscience qu’ils ont suscité à travers le monde, ont indéniablement contribué à servir la noble cause des droits de l’Homme en général. »
C’est pourquoi nous formulons le vœu que la Municipalité de Palaiseau puisse rendre hommage à Henri Alleg et à son engagement pour les droits de l’Homme à travers un lieu mémoriel. Plusieurs propositions non retenues ont déjà été soumises au Maire de Palaiseau depuis deux ans. Une nouvelle proposition que nous soutenons est la place située devant le lycée Camille Claudel à quelques pas de la rue où demeurait Henri Alleg.