Question orale de « La Conviviale » au conseil municipal du 8 février 2021
Monsieur le maire,
Aujourd’hui, « on n’a plus le droit, ni d’avoir faim ni d’avoir froid », chantaient les Enfoirés il y a 35 ans … Lorsque l’on constate la situation d’hommes, de femmes et d’enfants qui dorment dans la rue, cela reste une belle utopie chantée par des artistes.
Certes, la compétence sociale est du ressort de l’Etat et du département, mais également de la commune. A Palaiseau aussi la crise sanitaire exacerbe les inégalités préexistantes.
Au croisement de la D988 et de l’Yvette, on peut voir ceci :

Là, dort une personne sous une tente, en plein hiver.
Devant le collège Bara, une autre attend que la journée passe, assise sur un banc, en compagnie de ses gros sacs.
Rue de Paris, on croise une dame qui fouille les poubelles du parc.
Sur les réseaux sociaux, se multiplient les appels à solidarité pour aider un jeune à manger ou une famille immigrée à se loger en attendant une solution plus pérenne.
D’autres plus nombreux, vivotent ou survivent invisibles dans notre voisinage. Il y a des jeunes dont le job alimentaire a disparu; des familles fragilisées à l’extrême où des femmes et des enfants en danger qui n’ont nulle part où se réfugier. Ces inégalités sont exacerbées en ces temps de crises.
Pour combattre l’insécurité et la délinquance, il faut se battre aussi contre les injustices. La “vidéo-protection” ne protège pas contre la faim, la pauvreté, les logements insalubres ni les violences conjugales. La Maison de la sécurité publique ne protège pas de la peur, de l’angoisse, du désespoir psychique et social qui mènent parfois à la violence. Et force est de constater que la Maison des solidarités, service départemental, ne suffit pas.
Venir en aide aux plus fragiles est une obligation humaniste, surtout en temps de crise. Vous ne pouvez pas vous reposer sur l’action des citoyens de bonne volonté, ni des associations fragilisées par la pandémie.
Vous avez dit faire de l’égalité femme/homme une priorité de votre mandat, or la majorité des précaires sont des femmes. Il est temps d’agir pour que vos engagements se concrétisent, ne soient pas juste des “verba volant”.
L’égalité femme/homme ne concerne pas que l’accès aux postes à responsabilité ou la lutte contre les stéréotypes de genre, mais aussi l’éradication de la précarité féminine.
Ce n’est plus possible que des Palaisiens dorment dehors en 2021.
Il y a quelques mois 580 personnes ont signé une pétition vous demandant l’ouverture d’un hébergement d’urgence. Les entendrez-vous ?
Où est-il, ce lieu d’accueil d’urgence, accessible immédiatement, sans démarches administratives ni liste d’attente dissuasives et stigmatisantes ?
Qu’avez-vous fait depuis dix mois ?
Merci, monsieur le maire, pour votre réponse détaillée.
Les élu·e·s de la Conviviale écologiste et fraternelle